38

JALAN RUCHING.

La route des Chats.

Selon son plan, c’était la voie à suivre pour sortir de la ville.

Tôt le matin, Marc avait loué une voiture – une Proton, le véhicule standard de Malaisie, avec conduite à gauche. Il dépassa les grands immeubles du centre et mit le cap vers le nord. Les faubourgs de la ville n’en finissaient pas, alternance de parcs et de quartiers résidentiels. Marc fixait au loin les collines qui flottaient dans la lumière naissante.

Il trouva l’autoroute, l’Express 1, et plongea dans un nouvel univers, composé de vergers sombres, aux troncs parfaitement alignés dans la terre rouge : les hévéas. Il roula ainsi, toujours plein nord, durant cent cinquante kilomètres, croisant de temps en temps des pitons rocheux, des temples indiens aux décorations de fête foraine, des mosquées aux dômes de céramique verte.

Un paysage idéal pour réfléchir.

Le matin même, il avait reçu un message de Jérôme. L’archiviste n’avait rien trouvé : pas d’information sur l’identité du géniteur de Reverdi, ni aucune trace d’une demande personnelle de Jacques à la DDASS, concernant ses origines. Une impasse.

Il prit la sortie 132, en direction de la ville de Tapah, puis emprunta une nationale à double sens, où chacun se comportait comme si la voie était à sens unique. Au loin, les collines prenaient de l’ampleur, de la majesté, jusqu’à devenir des montagnes.

Marc aperçut le panneau CAMERON HIGHLANDS. Il allait s’engager dans cette voie quand un autre nom le fit piler, IPOH : 20 KILOMÈTRES. La ville où se trouvait l’hôpital psychiatrique de Reverdi. Là même où avait été tournée la cassette vidéo.

 

Marc s’attendait à un institut à l’anglaise : portail de pierre, pelouses impeccables, bâtiments blancs. Il découvrit un pénitencier gigantesque, une ville dans la ville, entourée de fils barbelés, cernée par une voie ferrée et dotée de sa propre gare.

Il était treize heures. Malgré le jour, un samedi, l’activité semblait battre son plein. Le personnel soignant rentrait de déjeuner. Marc dut attendre de longues minutes que la meute des cyclistes, motocyclistes, conducteurs et piétons s’engouffre sous le haut porche de ciment – une rentrée d’usine à la chinoise.

Il suivit le mouvement et trouva bientôt le centre administratif, qui constituait un quartier à part entière. En attendant un responsable, il contempla par les fenêtres le campus, vaste plaine jalonnée de bâtiments gris et de champs cultivés. Il devinait qu’on pratiquait ici un genre de psychiatrie libérée, où les patients vivaient en communauté et devenaient agriculteurs ou artisans.

Enfin, le directeur le reçut. Un Indien au visage indolent et aux gros yeux de laque. Marc s’expliqua : la France, l’enquête, Reverdi. Au bout d’un long silence, l’homme appela par téléphone le Dr Rabaiah Mohd Norman, le médecin qui avait soigné Jacques Reverdi.

Quelques minutes plus tard, la porte s’ouvrit sur la femme que Marc avait aperçue sur la cassette. Elle était vêtue d’une longue robe beige et était coiffée d’un tudung de même teinte. L’ensemble lui donnait l’allure d’une statue de glaise dont seule, la tête aurait été modelée.

La psychiatre s’avéra pleine de malice. Elle ne cessait de décocher des traits d’humour, appuyant ses paroles d’un large sourire, qui révélait des dents éclatantes et chevalines.

— Je vous propose un tour du propriétaire, dit-elle. Nous parlerons en chemin.

Ils sillonnèrent le site, avec la voiture de Marc. Ils croisèrent des fermes, des cultures, des terrains de jeu. Une immense liberté planait sous le soleil. Le Dr Norman donnait des chiffres – il y avait ici deux mille patients, soixante-cinq par pavillon, cinquante par unité agricole…

— Nous arrivons dans le quartier de sécurité.

Ils pénétrèrent dans un enclos sous haute surveillance : miradors, poteaux coudés, fils barbelés et barreaux à toutes les fenêtres. Un véritable camp de concentration. Sauf que les barreaux étaient peints en vert et qu’ils offraient une grande variété de motifs, rappelant les croisées ciselées d’une mosquée.

Près du parking, Marc aperçut les premiers patients, errant sur la pelouse : noirs, tannés, tondus. Ils portaient tous une chasuble verte – celle de Reverdi dans la cassette – et semblaient plus noirs encore sous le soleil éblouissant. Des traits plats, un regard sans relief, comme enfoncés par la lumière.

À l’intérieur, le bâtiment s’ouvrait sur une grande cour. Tout autour, une galerie bordée d’arcades donnait accès à des couloirs, des bureaux, des salles. Tout était en ciment peint, écaillé, usé de soleil, de pluie, de chaleur.

Ils suivirent l’un des couloirs, où le panneau FORENSIC WARD se répétait. Marc ne se souvenait plus du sens exact du mot, mais cela avait à voir avec la médecine légale. Ils tombèrent sur un bureau : une simple table de bois, posée contre le mur, précédée par un long sillage de dossiers jaunis, entassés sur le sol.

Un patient était interrogé par un médecin, sous la surveillance d’un gardien. Assis de part et d’autre de la table, leurs rôles étaient sans équivoque : blouse blanche d’un côté, menottes de l’autre. Le Dr Norman, toujours tout sourire, échangea quelques mots en langue malaise avec le médecin, puis se retourna :

— Un nouveau venu. Un Algérien. Il paraît qu’il parle français.

Elle se pencha et dit au détenu en anglais, désignant Marc :

— Ce monsieur vient de Paris. Vous pouvez parler français avec lui, si vous voulez.

— No way, répondit l’Algérien d’un air buté.

Il avait un visage osseux. Ses prunelles se perdaient au fond de ses orbites. Marc remarqua qu’il portait aussi des chaînes aux pieds. La psychiatre tourna les talons :

— Comme vous voudrez, c’était juste pour vous détendre.

Marc lui emboîtait le pas quand il entendit « patron…». Il pivota au mot français. L’Algérien lui souriait, offrant une belle collection de dents de travers. Ses yeux brûlaient au fond des arcades. Il fit un signe de tête vers la psychiatre :

— Celle-là, quand je lui aurai tranché la chatte, on se la bouffera ensemble. (Il lui fit un clin d’œil.) Tu la préfères crue ou cuite ?

Marc repartit sans répondre. « Crue ou cuite » ? Il rejoignit la spécialiste qui obliquait déjà vers la gauche. Ils découvrirent un réfectoire, puis s’enfoncèrent dans un nouveau couloir aux cellules verrouillées. Tout était désert. Au bout, un gardien leur ouvrit une nouvelle porte.

Ils entrèrent dans une grande salle, plongée dans la pénombre – les rideaux étaient tirés. Marc battit plusieurs fois des paupières avant de détailler les lieux. Un immense dortoir, surplombé de lents ventilateurs, contenant, au bas mot, cinquante lits, disposés contre les murs. La paix, la quiétude, se renforçait ici. Une télévision marchait, quelque part, à bas régime. Des hommes dormaient. D’autres sillonnaient l’allée centrale, traînant les pieds. Ils ne portaient plus de tuniques vertes, mais des vêtements ordinaires.

— Ils attendent leur libération ? hasarda Marc.

— Au contraire, ceux-là ne sortiront jamais. Ils ont été frappés par l’amok.

— Le quoi ?

— L’Amok. C’est ainsi qu’on appelle en Malaisie la folie meurtrière. Le jeune que vous voyez là-bas, en tee-shirt blanc, a crevé les yeux de sa petite fille pour qu’elle ne regarde plus la télé. L’autre, là-bas, a tué sa femme, l’a débitée en quartiers et a balancé ses morceaux par la fenêtre du quatrième étage. Cet autre, au fond, a…

— Je crois que j’ai compris.

Le sourire de Norman s’élargit, toutes dents dehors :

— Vous êtes très fort. Cela fait vingt ans que j’y travaille et je n’ai toujours pas compris.

Ils avancèrent encore. Elle serrait des mains, lançait des sourires, inclinait son voile, très à l’aise. Une véritable ambassadrice de l’Unesco. Au bout de la salle, un rideau dissimulait une autre pièce. Un atelier d’informatique, où plusieurs écrans remplaçaient les lits alignés. Un canapé de tissu reposait dans un angle : ils s’y assirent côte à côte. Les patients les regardaient, sans oser s’approcher, dessinant un grand cercle autour d’eux.

— Depuis mon doctorat, poursuivit la psychiatre, je travaille sur le phénomène de l’amok. En Occident, il y a longtemps que vous avez remplacé les notions de possession ou de sorcellerie par des termes comme « hystérie » ou « schizophrénie ». En Malaisie, les choses ne sont pas si simples. Tout le monde s’accorde à dire que l’amok correspond à une crise de démence, au sens le plus médical du terme. Mais chacun pense aussi que les démons jouent un rôle dans l’affaire.

Elle eut un geste ample :

— Nous associons toujours psychiatrie et croyance. Il n’est d’ailleurs pas dit que cela soit moins efficace qu’une vision strictement clinique. Dans la mesure où un patient croit aux diables qui le possèdent, on peut dire qu’ils existent, non ? La raison n’est qu’un certain réglage de la lucidité. Tout est vrai, puisque tout est perception…

Marc ne suivait plus très bien, mais il se laissait bercer par cette voix douce, ce sourire perpétuel. Il en oubliait presque Reverdi. Les regards appuyés des patients le ramenèrent à la réalité :

— C’est ici qu’il était… détenu ?

— Jacques ? Les derniers jours, oui.

Elle prononçait son prénom à l’anglaise : « Jack. »

— Selon vous, il a été frappé par l’… amok ?

— Il a agi sous l’effet d’une crise, c’est certain. Pourtant, je pense qu’il n’a jamais perdu le contrôle. Sa raison n’était pas aliénée.

— Il était conscient de ses actes ?

— Je dirais plutôt qu’il a agi sous l’effet d’une de ses consciences.

— Il est schizophrène ?

Elle leva les deux paumes, comme pour dire : « Pas si vite. »

— Nous avons tous plusieurs personnalités. Plus ou moins accentuées.

— Mais peut-on dire que le Reverdi qui a tué Pernille Mosensen est le même que l’homme qui est devenu champion du monde d’apnée ?

Elle s’enfonça dans le canapé, posant un regard détaché sur les patients, toujours immobiles :

— La conscience humaine n’est pas un noyau unique. C’est plutôt une roue. Un champ de possibles. Une loterie qui tourne et s’arrête, de temps à autre, sur un chiffre. Le meurtre est un des chiffres de Jack.

Marc décida de jouer franc-jeu avec le Dr Norman. Il évoqua la cassette. Le sourire de la psychiatre disparut :

— Qui vous l’a donnée ?

Il ne répondit pas. Elle enchaîna :

— Alang, n’est-ce pas ? Je me demande pourquoi notre meilleur expert en pathologie criminelle est cet olibrius… (Elle lui lança un coup d’œil oblique.) Quelles sont vos conclusions ?

— Mes conclusions ?

— Oui : qu’avez-vous pensé de cette scène ?

Le moment idéal pour tester ses hypothèses :

— Je crois que Reverdi se protège par l’apnée.

— Exact. Mais de quoi ?

— Des autres. Et aussi de lui-même. De sa folie.

Le sourire de la spécialiste réapparut :

— Vous avez raison. Jack utilise l’apnée comme une carapace. Contre les personnalités qui l’assaillent. Contre sa schizophrénie.

— C’est vous qui utilisez le mot maintenant.

— Je voulais tout à l’heure relativiser vos convictions. Mais il est clair que Jack est torturé par des personnalités distinctes. Elles veulent prendre la place du Jacques Reverdi qu’il s’efforce d’être. Le Reverdi officiel. Vous connaissez son histoire, n’est-ce pas ?

— Par cœur.

— C’est l’histoire d’un homme volontaire. Un bloc qui a toujours obtenu ce qu’il voulait. Jack a suivi une ligne absolument droite. Cette droiture est inversement proportionnelle à la menace d’éparpillement qui le hante.

Marc était convaincu de la justesse de ce diagnostic. C’était une évidence qui l’éclairait peu à peu.

— Maintenant, continua-t-elle, parlons de l’apnée. J’ai étudié cette discipline. J’ai voulu comprendre pourquoi Jack s’était persuadé que cette attitude le protégeait. Il y a bien sûr l’autonomie physique. À ce moment-là, il n’a plus besoin du monde extérieur.

Mais il y a autre chose, de plus profond. Savez-vous ce qui se passe dans l’organisme quand on ne respire plus ?

Marc sentait les regards dilatés des amoks posés sur eux.

— Eh bien, le sang n’est plus oxygéné, il…

— Le corps est en danger. Contrairement à tous les clichés de plénitude et de sérénité, l’apnée provoque une tension, un état d’alerte. L’organisme se concentre sur lui-même. Un réflexe de vasoconstriction survient dans les membres supérieurs et inférieurs. Le sang, avec sa réserve d’oxygène, reflue vers les organes vitaux : le cœur, les poumons, le cerveau. On ne peut imaginer concentration plus forte. L’homme, littéralement, devient un noyau dur. Centré sur ses forces vitales. C’est exactement ce que cherche Reverdi. Il fait bloc contre ses démons intérieurs… Mais je crois qu’on peut aussi étendre ce phénomène aux meurtres.

Marc tressaillit :

— Aux meurtres ?

— Rappelez-vous ce qu’il a fait à la jeune Danoise. Il a saigné la pauvre fille. Je pense que dans ces moments-là, la scène du crime devient une sorte d’expansion de lui-même. Il déplie son être dans cet espace et y provoque un afflux de sang, pour mieux se protéger. Exactement comme lorsque l’hémoglobine reflue vers le cœur et les poumons, au sein de son corps.

— Comment pouvez-vous être certaine de cela ?

— J’ai une autre question pour vous, se contenta-t-elle de répondre. Vous souvenez-vous de ses dernières paroles, sur la cassette ?

Marc n’hésita pas. Il prononça en français :

— « Cache-toi vite, papa arrive. »

Elle hocha lentement sa tête voilée :

— C’est peut-être un souvenir. Un traumatisme. Ou peut-être une hallucination. Je n’ai pas obtenu de réponse sur ce sujet. Mais il y a une certitude. Son comportement de défense est déclenché par l’arrivée symbolique du père. Voilà l’ultime menace : la personnalité paternelle. Il craint que cette personnalité se glisse en lui. Il a peur de devenir son père.

La psychiatre ordonnait des éléments essentiels, comme un puzzle, mais pas de la façon dont Marc l’aurait fait. Il rétorqua :

— D’après mes informations, Jacques Reverdi n’a pas connu son père. Comment pourrait-il craindre sa venue ? Ou son influence ?

— C’est exactement ce que je veux dire : ce qui compte, c’est son absence. Car alors, la figure paternelle peut revêtir tous les visages, toutes les personnalités. Cette présence polymorphe est la source de la schizophrénie de Jack. Il a peur d’être son père. C’est-à-dire n’importe qui, n’importe quoi. Au moment de ses crises, son être devient un point d’interrogation, une faille béante.

Marc comprit tout à coup où Norman voulait en venir :

— Vous pensez que ces figures potentielles pourraient être négatives ?

— Elles sont toujours négatives.

— Elles pourraient être criminelles ?

La psychiatre se recula contre l’accoudoir du canapé, pour s’éloigner de Marc et mieux le contempler :

— Jacques Reverdi est convaincu que son père était un criminel. Il tue quand il ne parvient plus à se défendre contre cette certitude. Quand l’apnée ne parvient plus à le protéger. Son père entre alors à l’intérieur de lui-même. Il se diffuse dans son « moi » comme un poison dans le sang.

— Je ne comprends pas. Vous venez de dire que le meurtre était au contraire un rite de protection.

Elle prit un ton ironique :

— C’est tout à la fois, mon cher… (Elle prononça ces dernières syllabes en français.) Jack appelle le sang de sa victime pour renforcer sa forteresse, comme un enfant qui dressait des murailles de sable face à la mer. Mais il est déjà trop tard. La vague est là. Elle détruit tout. Son acte criminel est la preuve que « papa » est arrivé… Chacun de ses meurtres est un mélange de panique et de résignation. De révolte et d’acceptation.

Marc prit le temps de réfléchir. Ces conclusions cadraient avec ses propres hypothèses, jusqu’ici mal définies. À cet instant, il comprenait une autre vérité, évidente lorsqu’on suivait la chronologie de Reverdi. Jusqu’à l’âge de quatorze ans, il avait été protégé contre cette menace par sa propre mère. Quand elle s’était suicidée, le jeune homme nu, sans protection, avait été assailli par la figure menaçante du père… Il résuma cette hypothèse à voix haute. La psychiatre confirma :

— Il y aurait aussi beaucoup à dire sur la disparition de la mère… C’est le deuxième traumatisme qui fonde la personnalité de Reverdi. Cette trahison – car Jack considère ce suicide comme une trahison – a été l’étincelle qui a allumé sa pulsion criminelle.

Un frisson saisit Marc :

— Vous voulez dire qu’il tue depuis l’adolescence ?

— Non. Le passage à l’acte demande toujours un temps de mûrissement. Vous êtes un spécialiste. Vous connaissez ces chiffres : les tueurs en série commencent en général leurs sinistres exploits à l’âge de vingt-cinq ans. Je pense que le profil de Jack suit cette règle. L’absence du père et la trahison de la mère ont « mûri » en lui, comme une tumeur, jusqu’à le transformer en prédateur. Il tue autant pour ressembler à son père que pour se venger de sa mère. Il hait les femmes. Toutes des traîtresses. Il veut les voir « saigner ».

Ce terme rappela à Marc un autre fait : Monique Reverdi s’était ouvert les veines. « Jack » reconstituait la trahison initiale. Il conclut :

— Pourquoi l’avez-vous libéré ? Je veux dire : pourquoi avez-vous renvoyé dans une prison classique un tel… malade ?

— Parce qu’il me l’a demandé. Quand il est sorti de sa crise hallucinatoire, c’était sa seule préoccupation. Retourner auprès de criminels ordinaires. Surtout ne pas rester chez les fous. Je n’avais aucune raison de lui refuser cela. Après tout, il n’a plus que quelques semaines à vivre.

— Vous l’avez libéré comme ça, sans traitement, sans assistance ?

— Non. Il suit une médication à Kanara, et un de nos psychiatres se rend là-bas, une fois par semaine.

Le Dr Norman regarda sa montre et se leva. Le rendez-vous était terminé. Ils marchèrent vers la porte. Les amoks les suivaient toujours de leurs grands yeux allumés. Sur le seuil, la psychiatre lui demanda :

— Je peux vous poser une question… personnelle ?

Il fit un signe positif de la tête, tentant de sourire, mais l’angoisse lui paralysait la face.

— Avez-vous eu des contacts avec Reverdi ?

— Non, mentit Marc. Il refuse toute interview.

Elle lui prit les mains :

— Si jamais vous réussissez à l’approcher, à lui parler, tenez vos promesses. (Elle ajouta un sourire, comme pour atténuer l’avertissement.) Ne le trahissez jamais. C’est la seule chose qu’il ne pourrait pas vous pardonner.

 

La Ligne noire
titlepage.xhtml
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_000.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_001.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_002.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_003.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_004.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_005.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_006.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_007.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_008.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_009.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_010.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_011.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_012.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_013.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_014.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_015.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_016.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_017.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_018.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_019.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_020.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_021.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_022.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_023.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_024.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_025.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_026.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_027.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_028.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_029.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_030.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_031.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_032.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_033.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_034.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_035.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_036.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_037.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_038.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_039.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_040.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_041.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_042.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_043.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_044.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_045.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_046.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_047.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_048.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_049.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_050.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_051.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_052.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_053.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_054.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_055.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_056.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_057.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_058.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_059.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_060.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_061.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_062.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_063.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_064.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_065.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_066.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_067.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_068.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_069.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_070.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_071.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_072.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_073.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_074.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_075.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_076.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_077.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_078.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_079.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_080.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_081.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_082.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_083.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_084.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_085.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_086.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_087.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_088.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_089.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_090.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_091.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_092.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_093.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_094.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_095.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_096.html